Les archives vivantes de la théorie des organisations

Screeningorganisation SAS reprend pour le soutenir et le développer le projet "Les archives vivantes de la théorie des organisations" initié en 1998 par le Erhard Friedberg, et produit par R&O Multimédia. Ce projet vise à enrichir la mémoire de la théorie des organisations par une série de longs entretiens menés en Europe et aux Etats-Unis auprès des pères fondateurs des théorie des organisations. Ce projet a été mis sur pied avec l'aide de Ernst & Young, Sciences-Po et d'un nombre importants d'écoles et d'entreprises sponsors. A ce jour, 34 entretiens ont été réalisés, dont 4 avec des théoriciens prix Nobel d'économie, ont été réalisés à ce jour, soit plus de 300 heures d'entretiens. 

Dès 2015, nous organiserons de nouveaux entretiens, et nous développons en place le site archives.screeningorganisation.com. 

A moyen terme, ce site rassemblera les rushs non élaborés de l'ensemble des entretiens conduits dans le cadre de projet, et permettra aux chercheurs et aux doctorants des universités qui se seront abonnées, de consulter et/ou d'utiliser les rushs enregistrés à des fins de recherche.

Erhard Friedberg est avec Michel Crozier un des chefs de file de l'Ecole française de la sociologie des organisations. Après avoir longtemps dirigé le Centre de sociologie des organisationsn puis divers programmes comme le Master of Public Affairs at Sciences Po, il est aujourd'hui professeur émérite à Sciences Po. Il partage son activité entre l'Asie, l'Allemagne (Hertie School), et le Maroc (ISA). 


 

John Padgett

John Padgett a beaucoup publié sur les thèmes tels que la théorie de l'organisation, l'analyse des réseaux sociaux, le budget fédéral, le "plea bargaining" et les processus stochastiques. Mais il est surtout connu pour son travail sur les Médicis, dynastie régnante pendant la Renaissance à Florence. 

Il revient ici sur ses années de formation en compagnie des plus grands (Herbert Simon et Harrison White)


L'objectif du projet 

Ce projet ambitieux, - documenter la genèse et le devenir de la théorie des organisations, sous forme d’entretiens filmés avec les fondateurs de cette discipline -, a été initié et est dirigé par Erhard Friedberg. Erhard Friedberg est avec Michel Crozier un des chefs de file de l'Ecole française de la sociologie des organisations. Après avoir longtemps dirigé le Centre de sociologie des organisationsn puis divers programmes comme le Master of Puublic Affairs at Sciences Po, il est aujourd'hui professeur émérite à Sciences Po. Il partage son activité entre l'Asie, l'Allemagne (Hertie School), et le Maroc (ISA). 

1998 - 2004 - Aux racines de l’École française de sociologie des organisations

Au départ le projet était d'aller aux sources américaines de l'Ecole française de sociologie des organisations et de son livre fondateur publié par Michel Crozier en 1964 : Le Phénomène Bureaucratique. C'est ce qui explique en grande partie le choix des premiers entretiens, : Michel Crozier, puis Herbert A. Simon, James G. March, inventeurs de la notion de rationalité limitée, Charles Lindblom, père des notions d'incrémentalisme et de rationalité incrémentale, notions clefs et fondatrices pour la réflexion sur la décision, sur les organisations et plus généralement sur l'action collective. Puis Chris Argyris, Peter Blau, Peter Drucker, le père du management moderne, Paul Lawrence, Charles Perrow, Philip Selznick, Thomas Schelling et William Foote Whyte. 

A partir de 2004, il s'agit d'enrichir mais aussi d'élargir le champ à d'autres courants théoriques, notamment au néoinstitutionnalisme, à l'analyse des réseaux, l'écologie des populations et l'économie des organisations

Mais très vite, l'ambition du projet s'est étendue à la volonté de documenter aussi complètement que possible la genèse dans le temps des différentes approches qui ont jalonné le développement de la théorie moderne des organisations, des approches psycho-sociologiques aux théories économiques des organisations, en passant par les différentes perspectives sociologiques, et notamment l'analyse des réseaux sociaux. C'est ainsi qu'au fil des années ont été interviewés les principaux chefs de file encore vivants des différentes perspectives analytiques qui se sont développées de 1975-80 à nos jours dans le champ large de la théorie des organisations . 

E. Friedberg a interviewé Nils Brunsson (Paris, 2002), John Meyer (Stanford, 2004 et Paris, 2012), Walter W. Powell (Paris, 2002, et Stanford 2009), W. Richard Scott (Stanford, 2004), Johan Olsen (Norvège, 2007), représentants et fondateurs de l’approche neo-institutionaliste, mais aussi David Hickson (2007) et Jay Lorsch (2005), tous les deux au fondement de l’approche de la contingence structurelle.  Une première ouverture sur l'analyse des réseaux en 2004 a lien avec l'interview d'Harrison White (Paris, 2002), connu pour avoir fondé l’approche des organisations comme réseaux sociaux et pour avoir le premier formulé une théorie sociologique des marchés économiques, Marc Granovetter (Paris, 2006) pour ses travaux sur les réseaux sociaux,Ronald Burt (Chicago, 2009, Paris, 2015) et John Padgett (2013). 

Les théories économiques des organisations ne sont pas en reste avec des personnalités aussi éminentes que Douglass North (Michigan, 2008) et Oliver WIlliamson, Stockholm, 2008).  

D'autres rencontres avec des sociologues comme Marc Maurice (Aix-en-provence et Paris 2009) pour son travail sur l’analyse sociétale, Meyer Zald (2008), élève de Philip Selznick, ou Jean-Pierre Worms (2012) pour la scène française. 


Des ressources pour les chercheurs

Si le premier des objectifs était de construire des ressources pédagogiques pour les étudiants et les enseignants, - et notamment L'encyclopédie des sciences de l'organisation -, et ce travail se poursuit, un second reste entièrement à bâtir, à savoir la mise à disposition de ces éléments "bruts" à la disposition des chercheurs en sciences sociales. C'est ce à quoi nous travaillons, et cela requiert de sérieuses ressources financières, si on veut développer une base de données de qualité. 

 

Michel Crozier - comment sa thèse fut acceptée (ou pas) en France et par qui.

 


Sponsors

Ce projet n'aurait jamais vu le jour en 1998 sans le généreux soutien de la direction de la communication d’Ernst et Young Consulting (devenu depuis Cap Gemini Ernst et Young). Pendant toutes ces années, il a été soutenu par des financeurs publics (Ministère de l’Éducation Nationale, CNRS, Sciences Po, La Poste), et privés français et internationaux (Renault, Air France, Cogema, Total, Vivendi, AGF, Faber (Italie), LEGO SA (Suède), et IDRH (France).

Entretiens

2015
Ronald BURT (2)

2013
John PADGETT
Américain. Sociologue. Spécialiste de l'analyse des réseaux.

Jean-Pierre WORMS
Sociologue français

2011
John MEYER
Américain. Sociologue, un des fondateurs du néo-institutionnalisme dans l’analyse organisationnelle.

2010
Ronald BURT
Américain. Sociologue. Un des fondateurs de l’analyse des réseaux.

Thomas C. SCHELLING (3)

2009
Michael MACCOBY
Américain. Psychosociologue, ancien élève d’Erich Fromm, théoricien du leadership.

Arthur STINCHCOMBE
Américain. Sociologue spécialiste des organisations, précurseur de la théorie de la contingence structurelle et de l’écologie des organisations. 

2008
Michael HANNAN
Américain.Sociologue, fondateur, avec John Freeman, du courant de la « population ecology of organizations »

Douglass NORTH
Américain. Economiste, prix Nobel 1993, fondateur de l’histoire économique quantitative ; un des pères d’une théorie économique des institutions.

Jeffrey PFEFFER
2008. Américain. Sociologue du pouvoir dans les organisations

Walter W. POWELL (2)

Oliver WILLIAMSON
Américain. Economiste (Prix Nobel d'économie).

Mayer ZALD
Américain. Sociologue des mouvements sociaux et de la mobilisation.

2007
Marc MAURICE 
Français. Sociologue, auteur (avec J.-J Sylvestre et F. Sellier) du courant de « l’analyse sociétale » et « néoinstitutionnaliste » à la française.

Johan P. OLSEN
Norvégien. Sociologue, co-inventeur du modèle de décision dit « modèle de la poubelle ») et penseur avec J. March, du néoinstitutionnalisme.

2006
Marc GRANOVETTER 
Américain. Sociologue des réseaux sociaux et un des fondateurs de la sociologie économique aux Etats-Unis.

Jay LORSCH
Américain. Sociologue, un des fondateurs de la théorie de la contingence structurelle (avec P. Lawrence)

2005
David HICKSON
Anglais. Fondateur avec Derek Pugh du "Groupe d’Aston" et de la théorie de la contingence structurelle.

2004
James G. MARCH (2)

John MEYER
Américain. Sociologue, un des fondateurs du néoinstitutionnalisme dans l’analyse organisationnelle.

Walter W. POWELL
Sociologue américain, un des fondateurs de la réflexion néoinstitutionnaliste en théorie des organisations. Théoricien des réseaux.

W. Richard SCOTT
Américain. Sociologue. Un des pères de la perspective néoinstitutionnaliste dans la théorie des organisations.

Philip SELZNICK (2)

2002
Nils BRUNSSON
Suédois. Sociologue

Michel CROZIER (2)

Alain TOURAINE
Sociologue français. Un des fondateurs de la sociologie du travail française. Théoricien des mouvements sociaux.

2001
Harrison WHITE
Américain. Sociologue, un des pères de la théorie des réseaux sociaux. Auteur d’une perspective sociologique pour l’étude des marchés de produits.

2000
Thomas C. SCHELLING (2)

1999
Peter BLAU
Austro-américain. Sociologue

Peter DRUCKER
Austro-américain. Expert et consultant international, fondateur de la science du management.

Paul LAWRENCE
Américain. Sociologue, un des fondateurs de la théorie de la contingence structurelle (avec J. Lorsch).

Charles E. LINDBLOM
Américain. Economiste, connu pour sa critique de la planification rationnelle mais aussi de la myopie du marché.

1998
Chris ARGYRIS
Américain. Psychosociologue

Michel CROZIER
Sociologue français, théoricien de la bureaucratie et du pouvoir dans les organisations, et fondateur de « l’Ecole française de sociologie des organisations »

James G. MARCH
Américain. Politologue, membre fondateur du groupe de Carnegie théoricien de la décision, inventeur (avec J. Olsen et M. Cohen) du modèle de décision dit « modèle de la poubelle ») et penseur avec J. Olsen, du néoinstitutionnalisme.

Charles PERROW
Américain. Sociologue, fondateur (avec d’autres) de la théorie de la contingence structurelle, a beaucoup travaillé sur la gestion des risques dans les organisations.

Thomas C. SCHELLING
Américain. Economiste, prix Nobel 2005, théoricien de la négociation et des effets de compositions, spécialiste de la théorie des jeux.

Philip SELZNICK
Américain. Sociologue, théoricien de la bureaucratie, père d’une perspective « institutionnaliste » sur les organisations.

Herbert A. SIMON
1998. Américain. Economiste et psychologue cognitif, fondateur du Groupe de Carnegie, Prix Nobel 1972 pour ses travaux sur la rationalité limitée.

William Foote WHYTE
Américain. Anthropologue social d’orientation interactionniste, un des pères de la sociologie industrielle aux États-Unis, auteur de Street Corner Society.